A propos du travail photographique de Sandrine Elberg, j’ai été sensible au regard à la fois incisif et plein d’humour qu’elle porte sur les jeunes femmes dont elle nous livre des portraits “faussement réalistes”. Bien que celles-ci soient en général chez elles, dans leur salon, voire même dans leur salle de bain, leurs tenues, leurs attitudes peuvent être ou bien provocantes, ou bien comiques à la limite de l’absurde. Le banal du décor très présent vient accentuer encore l’attitude décalée des personnages. Que font-elles ? Pourquoi semblent-elles jouer un rôle sans rapport avec le lieu simple où elles se trouvent ? Chez Sandrine Elberg, la séduction,à la limite de la provocation, le dispute au burlesque. Que veut-elle nous dire sur les femmes ? Si l’artiste n’hésite pas à se photographier souvent avec l’une ou l’autre, et travaille aussi bien en noir qu’en couleur, elle ne nous donne pas pour autant les réponses. La narration est vivante mais incomplète, l’ambiguïté demeure. C’est à chacun de donner son interprétation sur ces portraits, ce qui ajoute à l’intérêt du travail de l’artiste.
Corinne Caminade (2005) Galeriste
Photographies argentiques
