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Mockba I

L’œuvre “Mockba” (2004) articule des photographies de Moscou et de ses environs. Dans ces espaces indéterminés situés aux confins de la capitale, apparaît de façon récurrente une femme qui semble se fondre dans le paysage.(…) Ce n’est pas son comportement qui sème le trouble dans l’esprit du spectateur, tant il parvient parfaitement à s’accorder avec le contexte social et architectural qui l’entoure, mais peut-être un appui prononcé dans la pose ainsi qu’une certaine forme de désoeuvrement. La présence de cette femme dans la banalité du quotidien constitue l’amorce vivante d’un récit incomplet et sans structure. Prenant l’apparence de la réalité, les images de Sandrine Elberg sont en fait des fictions où l’artiste tient le premier rôle. S’il existe une ambiguïté dans le travail de l’artiste, celle-ci concerne davantage la notion d’autoportrait. En se photographiant c’est-à-dire en étant à la fois modèle et scénographe – l’artiste cherche à saisir l’image d’une “autre” femme, d’une étrangère. Sans doute tente-t-elle de se retrouver et de se surprendre elle-même dans cette représentation. Plutôt que de singer les clichés de la féminité, le projet de Sandrine Elberg consiste à déplacer, à convertir sa propre identité à travers des apparences multiples. Au-delà de la simulation, il s’agit d’une expérience personnelle qui confère à l’acte photographique le statut d’une performance.
Christophe Pichon (2005) Critique d’art
Centre d’art Le Quartier à Quimper