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« L’artiste doit connaître les moyens de convaincre les autres, de la véracité de ses mensonges » Pablo Picasso (Propos sur l’art).
Sandrine Elberg crée une histoire à partir de sa quête identitaire autour de la Russie. L’artiste erre dans les terres Russes à la recherche d’une identité perdue ou oubliée. Elle suit les traces de son arrière grand-père paternel qui quitta la ville d’Odessa à l’époque du Cuirassé Potemkine. Pour s’impliquer dans cette aventure, l’artiste fabrique tout un scénario en pénétrant dans l’intimité des femmes célibataires Moscovites. À la fois spectatrice et actrice, Sandrine Elberg imprime les portraits de ces femmes seules ou son autoportrait en se photographiant avec elles. En sachant que ces photographies ont un but artistique, ces femmes soignent leurs images pour la postérité, en se déguisant comme les stars des magazines contemporains de la mode. Elles ont pris conscience que « Ars Longa - Vita Brevis », l’art est long - la vie est brève. Leur postérité  met aussi en scène l’immortalité de l’artiste photographe qui joue le jeu des ressemblances, en suivant l’attitude d’imitation. L’artiste essaie de réajuster ses images d’une réalité apparente avec une perception mentale.
Popy Arvani, Mars 2010, Galeriste

Le roman russe.
Un peu timide et pourtant pleine de conviction, Sandrine Elberg possède une fascination pour la Russie que l’on rapproche vite de son arrière grand-père paternel, concitoyen de Fédor Dostoïevski, et qu’elle n’a pas connu. Diplômée des Beaux-arts de Paris, où elle prolongea en photo après être entrée en peinture, Sandrine Elberg réalise un travail de longue haleine sur la question de l’identité. « J’ai entrepris un travail au long cours autour de l’autoportrait. La question identitaire me fascine et lorsque j’ai été retenue par Cultures France/Ville de Paris pour réaliser une résidence d’artiste en Russie pendant 4 mois en 2004, en partenariat avec la Maison de la Photo de Moscou, j’ai tout de suite proposé le thème autour de l’identité russe. » S’en suivra une grande exposition à Quimper en 2005 et trois autres voyages dans la capitale Moscovite (2006, 2008 et 2009) où Sandrine Elberg a débuté son travail artistique sur les femmes russes.
Benoît Baume, Rédacteur en chef pour Images magazine, Novembre 2009

L’œuvre « Mockba » (2004) articule des photographies de Moscou et de ses environs. Dans ces espaces indéterminés situés aux confins de la capitale, apparaît de façon récurrente une femme qui semble se fondre dans le paysage.(...) Ce n’est pas son comportement qui sème le trouble dans l’esprit du spectateur, tant il parvient parfaitement à s’accorder avec le contexte social et architectural qui l’entoure, mais peut-être un appui prononcé dans la pose ainsi qu’une certaine forme de désoeuvrement. La présence de cette femme dans la banalité du quotidien constitue l’amorce vivante d’un récit incomplet et sans structure. Prenant l’apparence de la réalité, les images de Sandrine Elberg sont en fait des fictions où l’artiste tient le premier rôle. S’il existe une ambiguïté dans le travail de l’artiste, celle-ci concerne davantage la notion d’autoportrait. En se photographiant c’est-à-dire en étant à la fois modèle et scénographe - l’artiste cherche à saisir l’image d’une "autre" femme, d’une étrangère. Sans doute tente-t-elle de se retrouver et de se surprendre elle-même dans cette représentation. Plutôt que de singer les clichés de la féminité, le projet de Sandrine Elberg consiste à déplacer, à convertir sa propre identité à travers des apparences multiples. Au-delà de la simulation, il s’agit d’une expérience personnelle qui confère à l’acte photographique le statut d’une performance.
Christophe Pichon, Novembre 2005, Critique pour Le Quartier à Quimper

A propos du travail photographique de Sandrine Elberg, j'ai été sensible au regard à la fois incisif et plein d'humour qu’elle porte sur les jeunes femmes dont elle nous livre des portraits "faussement réalistes". Bien que celles-ci soient en général chez elles, dans leur salon, voire même dans leur salle de bain, leurs tenues, leurs attitudes peuvent être ou bien provocantes, ou bien comiques à la limite de l'absurde. Le banal du décor très présent vient accentuer encore l'attitude décalée des personnages. Que font-elles ? Pourquoi semblent-elles jouer un rôle sans rapport avec le lieu simple où elles se trouvent ?
Chez Sandrine Elberg, la séduction,à la limite de la provocation, le dispute au burlesque. Que veut-elle nous dire sur les femmes ?
Si l'artiste n'hésite pas à se photographier souvent avec l'une ou l'autre, et travaille aussi bien en noir qu’en couleur, elle ne nous donne pas pour autant les réponses. La narration est vivante mais incomplète, l'ambiguïté demeure.
C'est à chacun de donner son interprétation sur ces portraits, ce qui ajoute à l’intérêt du travail de l’artiste.
Corinne Caminade, Juin 2005, Galeriste

Le travail de Sandrine Elberg est presque exclusivement constitué de photographies où elle se représente à travers différentes figures archétypales. Ce ne sont pas seulement des clichés et donc un discours sur le cliché, ce sont autant de postures possibles, désirables
et/ou répulsives. La photographie permet à Sandrine Elberg de convertir, déplacer, révéler, sublimer ses images de soi et l’apparence de son corps. L’identité est ici affaire de traversées des signes, des rôles, des attributs.
Les codes de l’image photographique sont rejoués sur un mode semi-parodique et semi-pathétique.
Christian Bernard, Genève, Avril 2004, Directeur du MAMCO