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Tous les moyens sont bons pour aller sur la lune, en navette high-tech ou en fiction, en transports de science ou d’imaginaire.

Sandrine Elberg aime les astres, la conjonction de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, les atomes dont elle-même, petite planète à la recherche de ses origines cosmiques, procède. 

La lune n’est pas pour elle une fin en soi, c’est une base à explorer, en surface et profondeur, mais aussi d’où repartir plus loin, dans l’inconnu.

Appelons amour l’abolition intime de toutes les distances, la rencontre d’un casque de cosmonaute et du noir de l’univers.

Dans le ciel, il n’y a pas de névroses, mais des cailloux indifférents et sublimes, comme des personnages de Manet posant sur fond de ténèbres.

Dans le ciel d’airain vivent les dieux, détenteurs de la courbe de notre existence, maîtres de notre destin, qu’une photographe rêve peut-être d’entrevoir en se faisant télescope ou fusée, telle Valentina Terrechkova, premier corps de femme dans l’espace. 

Notre toute-puissance nous aveugle, notre science nous illumine. C’est grande merveille d’ainsi nous retrouver dans l’égarement savant.

Il y a beaucoup d’enfance dans les voyages interstellaires de Sandrine Elberg, des instruments fabuleux pour naviguer dans l’espace, ou en soi-même.

Il faut pour cela des cartes, de l’audace, des objets de vision, et ne pas craindre le silence abyssal des territoires infinis.

L’esprit s’attache, points d’espoir, à des luminescences, des queues de comètes, des tremblements d’étoiles, des énigmes géologiques attirantes comme des voix de sirènes.

Sur terre, la glace est en feu, les cratères volcaniques sont remplis de neige, il n’y a que des mondes premiers plus ou moins recouverts de culture, et de pollution.

Ariane devenue photographe parcourt un labyrinthe sans Minotaure, fils coupés. Elle est seule, ne reviendra peut-être pas, secret espoir.  

Dans ses bagages, puisque le temps s’est inversé, quelques livres de Jules Verne et bouts de pellicule du Voyage dans la lune. 

Réconcilier Méliès et les Lumière, la folie d’imagination et le point de vue documentaire, la science et les extravagances, telle est l’ambition d’une artiste ne se satisfaisant pas des fausses antinomies incarcérant la pensée.

Les objets célestes ont chu, les puissances terrestres colonisent l’espace.

La païenne Hypatie d’Alexandrie, philosophe, mathématicienne et astronome de génie, lointaine élève d’Aristarque de Samos, fut brûlée en place publique après avoir été démembrée, les nuées recueillant la fumée de sa beauté.

Découvrir la vérité des cieux comporte un risque. 

Pourquoi les étoiles ne tombent-elle pas, ou si peu souvent ?

Y a-t-il un centre dans l’univers ?

L’ellipse est-elle plus parfaite que le cercle ? 

L’incommensurable espace est-il un long hiver arctique ?

Peut-on lire notre avenir dans la matière noire ?

 

A toutes ces questions, Sandrine Elberg répond M.O.O.N., soit l’habitacle d’un livre parcourant les confins, module de recherche fait de cristaux de songes et de poussière d’astres, de murs de stalactites et d’icebergs craquelés, de roches anthropomorphes et de temples effondrés.

C’est un ventre de femme que féconde une pluie de météorites.

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Any way to get to the moon is good, a high-tech shuttle or fiction, transport science or the imagination. 
Sandrine Elberg loves the stars, the conjunction of the infinitely large and the infinitely small, the atoms that make up her being; a small planet in search of her cosmic origins. 

For her the moon is not the final destination, it is a base to explore, on the surface but also into the depths of the planet. 

Let's call love the intimate abolition of all distances, the meeting of a cosmonaut's helmet and the black of the universe.

In the sky, there is no neurosis, but indifferent and sublime pebbles, like figures in a Manet painting posed against a background of darkness.

In the brazen sky live the gods, the bearers of the curve of our existence, masters of our destiny, that a photographer may dream to see by making herself a telescope or a rocket, like Valentina Terrechkova did, the first woman in space. 

Our omnipotence blinds us, our science illuminates us. It is a great wonder to find ourselves adrift in the madness.

There is a lot of childhood in Sandrine Elberg's interstellar journeys, amazing instruments for navigating in space, or within oneself.

This requires maps, objects of vision, daring and not to fear the abyssal silence of infinite territories.

The mind attaches, points of hope, to luminescences, tails of comets, tremors of stars, attractive geological enigmas like the voices of sirens.

On Earth, the ice is on fire, the volcanic craters are filled with snow, there are only first worlds more or less covered with culture and pollution.
Ariane, turned photographer, travels the labyrinth without the Minotaur, threads severed. She is alone, may not come back. Secret hope.

In her luggage, since time has been reversed, are some Jules Verne books and bits of film from A Trip to the Moon. 

To reconcile Méliès and the Lumière brothers, the madness of imagination and a documentary point of view, science and extravagances, that is the ambition of an artist who is not satisfied with the false antinomies incarcerating thought.

The celestial objects have fallen, the terrestrial powers are colonizing space.

The pagan Hypatia of Alexandria, philosopher, mathematician and genius astronomer, distant pupil of Aristarchus of Samos, was burned in a public place after having been dismembered, the clouds collecting the smoke of her beauty.

Discovering heaven’s truth carries risks.

 

Why don’t the stars fall, or so few?

Is there a center of the universe?

Is the ellipse more perfect than the circle?

Is the immeasurable space a long arctic winter?

Can we read our future in dark matter?

 

To all of these questions, Sandrine Elberg's answer is M.O.O.N, that is to say, the interior of a book traversing its boundaries, a research module made of dream crystals and stardust, walls of stalactites and cracked icebergs, anthropomorphic rocks and collapsed temples.

It is a woman’s belly that is impregnated with a meteor shower.

 

Fabien Ribery for my self-published photobook "M.O.O.N" (2019)